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99 bottles of beer on the wall

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Mackenzie Kellaghan
Pitch Chocolat
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Mer 10 Fév - 7:22  
 
99 bottles of beer on the wall
Kenzie & Alyssa
99 bottles of beer on the wall, 99 bottles of beer. Take one down, pass it around, 98 bottles of beer on the wall. ▬

Des yeux malicieux l’observent. La voilà au sol alors qu’elle était persuadée d’avoir bloqué le coup. Le visage au-dessus d’elle arbore un sourire narquois, mais elle n’a pas dit son dernier mot. Elle n’a pas besoin d’être debout pour rendre le sol instable. Et le sourire narquois, lorsque son adversaire s’effondre, c’est elle qui l’arbore. D’un saut, elle reprend sa posture initiale. Ce n’est pas aujourd’hui que ce jeunot de 19 ans va la mettre au tapis. Elle va lui montrer à quel point il est important de respecter ses aînés. Elle n’a qu’à plisser des yeux et observer sa posture pour savoir qu’elle va gagner. Il est trop agressif. Son pied avancé ne lui donne pas l’avantage, comme il semble le croire. Ne lui a-t-on jamais appris que la posture de départ demandait les deux pieds parallèles ? Ou n’a-t-il jamais appris à écouter ? La puissance de ses coups est impressionnante, mais il s’essouffle trop vite. Son arrogance causera sa défaite.

Elle a presque envie de lever les yeux au ciel lorsqu’elle le voit attaquer avec ses pieds. Il saute et lorsque ses pieds frappent le sol, elle sent le terrain trembler. Elle voit le pan de terre sortir avant même qu’il ne le fasse. À qui croit-il avoir affaire ? D’un simple geste de ses bras, l’attaque est renvoyée à l’envoyeur et le pauvre arrive à peine à parer. C’est à elle de frapper le sol de ses pieds et comme prévu, il tombe à nouveau.

« J’espère que t’as la tête dure. »

Son pied frappe à nouveau le sol pour le forcer à se relever. Lorsqu’il retrouve ses appuis, Mackenzie ne peut que sourire. C’est terminé. Elle tend le bras dans un coup de poing presque parfait et la pierre s’élance pour le frapper de plein fouet. Il n’a pas le temps de réagir, ni d’éviter, ni de parer, ni de contrer. Il n’a que le temps de sentir son dos frapper douloureusement la terre alors qu’il sort du terrain. C’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. Mais il a le sourire aux lèvres lorsqu’il se relève et Kenzie a envie de rire, parce qu’il a une sale gueule. Elle ne doit pas être très belle à voir non plus, cela dit.

« Je suppose que c’était mérité. »

Au moins, il a l’intelligence de le remarquer. D’une claque dans le dos, elle le laisse planté là, au milieu d’un terrain à moitié détruit. Il est tard et elle est attendue. Ou devrait-elle dire qu’elle doit se dépêcher de s’inviter, avant que les choses ne dégénèrent ? C’est le week-end après tout. Pour une fois, elle n’aidera pas à réparer les dégâts. Il peut se démerder tout seul.

L’heure tardive lui vaut un vestiaire désert, mais ce n’est pas pour lui déplaire. Plus d’eau chaude, plus d’espace et moins de chance d’accident – parce que Kenzie fait toujours tomber sa serviette. Toujours.

Elle n’a pas l’impression de rester tant de temps que cela, mais lorsqu’elle ressort, son adversaire du jour n’est plus là et seule Kay hante encore les lieux. Il faut qu’elle se grouille. Son sac est jeté sans autre forme de cérémonie dans son coffre et son téléphone est à peine branché sur le chargeur, que sa voiture démarre déjà. Elle est en retard et l’inquiétude la force à rouler plus vite qu’elle ne le devrait.

« Pas de flics, pas de flics, pas de flics, pas de flics. »

Marmonne-t-elle jusqu’à qu’elle arrive à destination. Si elle a autant de chance ce soir, peut-elle oser espérer que ce soir soit un bon soir ? Non. Ce serait naïf de sa part. Et s’il y a une chose qu’elle n’est pas, c’est naïf. Clefs en main, téléphone à peine chargé en poche, elle pénètre le bar et laisse ses oreilles s’adapter à cette musique inutilement forte. Arrive-t-elle seulement à s’entendre passer ? Sortira-t-elle de ce bar avec son ouïe indemne ? Pourquoi passe-t-elle ses week-ends à se poser la question ?

La raison se trouve dans son champ de vision. A 12h pour être exacte. Sa chevelure blonde ne la fait pas sortir du lot, mais elle est de profil et cela suffit à Mackenzie pour la reconnaître et comprendre qu’il est temps de la ramener chez elle. Il est tôt pour un week-end, mais à en croire le nombre de doigts levés du barman, c’est déjà l’heure.

Lorsqu’elle sait qu’Alyssa l’a vue, Mackenzie fait glisser son bras dans son dos. Sans éprouver la moindre culpabilité, elle interrompt le monologue du gros relou qui est apparemment amoureux du son de sa voix. Comment fait-il pour l’entendre, elle n’en sait fichtrement rien et elle n’a pas envie de le savoir.

« Bonsoir. Au-revoir. »

C’est une danse chorégraphiée à la minute près qu’elles entament alors. Alyssa titube, Mackenzie la tient debout et sans jamais faillir, elle l’emmène jusqu’à la sortie, jusqu’à sa voiture, jusqu’à chez elle. Mackenzie aurait peur de cette danse qu’elle semble connaître par cœur, si elle ne savait pas à quel point elle est essentielle. Mackenzie ne le ferait pas, si elle n’en avait pas envie. Si l’inquiétude ne lui rongeait pas les entrailles en imaginant Alyssa seule, dans cet état. Elle ne connaît pas les raisons de l’alcoolisme, elle ne les connaîtra peut-être jamais, mais elle s’en fiche. Elle n’a pas besoin de le savoir.

À nouveau, elle récupère son téléphone. 10%. Toutes ces années de technologie et pas foutu d’avoir un téléphone qui tienne plus d’une journée. Il est vite rangé dans la poche de son sweat à capuche et elle est vite sortie de la voiture pour récupérer Alyssa. Endormie en moins de cinq minutes de trajet. C’est mieux que de la voir vomir partout. Mais c’est plus chiant pour la mettre au lit. Parce qu’elle est mignonne, mais elle est relou aussi, vous voyez le délire ? C’était plus fun la première nuit. Enfin… le début.

« Allez ma belle, je vais pas te porter jusqu’à chez toi. »

Elle pourrait. Elle pourrait la porter, ou utiliser son bending pour la faire bouger, mais ses muscles ont été meurtris par son duel et elle aimerait éviter de détruire les biens publics. À savoir la route. Et les escaliers. Mais si elle devait le faire, elle le ferait. Alyssa, bourrée ou non, le sait.

« Aller, bouge tes fesses. Y a de l’alcool qui t’attends en haut. »

Mauvaise stratégie. Mais bonne stratégie.


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Dim 14 Fév - 2:00  
 
99 bottles of beer on the wall.Je commence déjà à m'impatienter. Je n'ai pas été au sport aujourd'hui, à cause de mon entraîneur de boxe. Ce dernier m'a dit que je devais me calmer. Selon lui, je viens trop souvent et je risque de ne pas apprécier mon corps si je continue ainsi. Je lui ai presque ris au nez en lui disant que s'il disait ça à tous ses élèves, ils allaient vite faire faillite. Je lui ai aussi fait remarquer que je faisais ce que je voulais de mon corps parce que, justement, c'est le mien. Il a simplement haussé les épaules en me laissant aller me changer. Et j'ai eu beau avoir envie d'aller à mon cours rien que pour le contredire, il a raison. A ne faire qu'un seul sport, je travaille toujours les mêmes muscles. Alors je suis allée courir. Je ne pouvais pas non plus rester tout l'après-midi enfermée chez moi alors que j'avais déjà passé la matinée à réviser. C'était inconcevable, inimaginable. Et quand je cours, je fais le vide. J'oublie toutes ces choses étranges qui arrivent dernièrement. Je mets de côté mes petits problèmes de la vie quotidienne et ceux extra-ordinaires. Parfois, oui, je pense à lui. Mais dans ces instants, je ne suis pas triste. Dans ces instants, il me donne de la force. Il me donne la rage de vivre. De survivre. Dans ces moments-là, il est ma motivation et c'est sans doute ce que je préfère. Les psychiatres vous diront tous la même chose : elle n'a pas fait son deuil. Elle vit dans le passé et ressasse sans arrêt les mêmes souvenirs. Des souvenirs invivables parce que hantés par la présence de son frère dont elle ne comprend pas et n'accepte pas la mort. J'ai envie de dire que oui, peut-être que je n'ai jamais fait mon deuil et que je ne comprends pas ni n'accepte sa mort. Mais c'est une chance que cela me porte plutôt que ça ne m'enfonce. On devrait donc être heureux pour moi et ne pas essayer de me faire changer. C'est ce que les gens ne comprennent pas. Je suis très bien comme ça. J'ai mes petites habitudes, des objectifs professionnels et je gère très bien mes cours et ma vie personnelle. C'est l'important, non ? Tant que je ne fais du mal à personne, on ne peut rien me reprocher. Et je ne fais du mal à personne. Surtout pas à moi. Je me fais du bien.

Nous en sommes donc là. Alors que je suis accoudée au bar avec mon deuxième ou troisième verre. Je ne sais même pas trop où je suis. Il y a plusieurs établissements dans la rue et j'ai pris le premier qui venait. Cela dit, je prends souvent inconsciemment le même. Est-ce que je rends la traque facile parce que je veux qu'elle le soit ? J'ai quelques doutes. Je dirais juste que je prends toujours le même parce que c'est le mieux placé et que je n'ai pas de temps à perdre à tous les essayer pour me faire une idée. Ce qui m'intéresse est simple, c'est ce qu'il y a dans mon verre. Tant que j'ai de quoi boire, je me fiche éperdument de savoir si l'endroit que je fréquente est réputé ou non. Le barman me jette un coup d’œil et hésite déjà à me resservir. Je souffle doucement pour m'empêcher de devenir trop agressive et lui fait signe que je suis encore capable d'en avaler plusieurs. C'est toute la beauté des habitudes avec l'alcool. On devient de plus en plus apte à garder conscience longtemps et je ne me surprends plus à boire plusieurs verres d'affilée avant de ressentir une once de cet engourdissement bienfaiteur. Je commence à peine à l'apercevoir. La musique passe devant toutes les paroles que j'entends et je me tourne vers la piste de danse avec envie. Mon corps se mouve en rythme. Il se délecte des pulsations. Je le laisse faire. Je ne le contrôle plus. Je n'ai pas envie de le contrôler. C'est justement le fait de ne plus rien contrôler qui est extase. Je me sens rire comme jamais tandis que la musique prend de plus en plus d'ampleur et que mon corps bouge avec de plus en plus de plaisir. Je ne ressens plus rien si ce n'est les frissons sur mes bras et sur mes jambes. L'adrénaline. Des mains viennent chercher les miennes et j'ouvre les yeux. Je ne m'étais pas rendue compte que je les avais fermé. Un homme se tient devant moi et me demande du regard s'il peut se joindre à moi. Une partie de mon cerveau encore un peu consciente s'étonne qu'il ait demandé. Agréablement surprise, ma bouche se fend d'un sourire alors que j'acquiesce doucement. Et nous dansons. Nous dansons à en suer. Nous dansons pour faire connaissance. Nous dansons comme si le monde nous appartenait et je danse comme si la vie n'avait plus de sens. Essoufflé, il me fait signe de le suivre vers le bar et je lui emboîte le pas, soufflant fort moi aussi. Il commande un verre pour moi et je fais signe que j'en veux bien deux. Mon compagnon d'un soir me regarde avec de grands yeux quand je vide le premier d'un coup sec. Je savoure le deuxième. C'est à ce moment là qu'il se met à parler. Je crois qu'il me pose des questions parfois mais je ne réponds pas. Je n'entends pas tout et je ne comprends pas tout. Je sens que l'alcool monte et je sens qu'il faut que je boive encore. C'est le moment, c'est là où je pourrai perdre pieds. Le serveur m'en apporte un autre. Puis un autre. Puis un autre. L'autre continue de parler. Je fais semblant de l'écouter. Il a l'air très intéressé par ce qu'il dit. J'ai beau plisser les yeux, je ne comprends rien. Les lumières sont trop floues et la musique trop entraînante, la piste de danse trop attrayante. Mais c'est quand je me dis que j'y referais bien un tour que je la vois arriver. Elle est magnifique, j'espère qu'elle le sait. Tellement sûre d'elle. Je me mords les lèvres.

- Oh, zizie !

Je sais que je connais son prénom mais pour l'instant, la fin fera l'affaire. Je vois sa bouche s'ouvrir et se fermer et je comprends qu'elle parle à mon compagnon mais je n'entends pas ce qu'elle lui dit. Zizie me soutient alors qu'elle m'emmène vers la sortie. Je grogne un peu, pour la forme. Je n'ai pas trop envie de me débattre. Okay, je n'en ai surtout pas la force. Elle m'entraîne ainsi jusqu'à sa voiture alors que je manque plusieurs fois de m'étaler par terre. Sur ce sol qui me semble beaucoup trop mouvant pour être bienveillant. Je le regarde avec suspicion alors que Zizie ouvre sa voiture. Elle m'installe gentiment et je suis tellement bien dans son fauteuil, à regarder les immeubles bouger, danser, au chaud, les paupières lourdes.

La portière s'ouvre et ma tête penche d'un seul coup. Je me réveille lentement et une voix cherche à s’immiscer dans mon esprit.

- ... jusqu'à chez toi.
- Mmh.

C'est déjà un bel effort que je fais là. J'ouvre un peu plus les yeux et je vois ma sauveuse me regarder avec des yeux sévères. J'ai bien envie de rester là rien que pour qu'elle garde ce regard un peu plus longtemps.

- Aller, bouge tes fesses. Y a de l’alcool qui t’attend en haut.

Elle sait comment me prendre par les sentiments. Mais je sais bien que l'alcool qu'il y a en haut ne vaut rien face à l'alcool des bars. Et si je voulais me saouler toute seule dans mon appartement, je pourrais le faire. Non, ce que j'aime c'est me saouler au son de la musique, avec d'autres gens en train de se saouler. Dans une sorte de petite communauté qui n'a pas besoin de mots pour se comprendre. Pas d'explications à donner. Mais j'ai froid. Alors je bouge, malgré moi. Je sors un pied, puis l'autre. J'attends qu'elle me soutienne un minimum, parce que je sais que je ne pourrais pas faire plus de trois pas sans tomber. Et encore. Surtout qu'il y a des étages à monter. En voyant les marches qui nous attendent, je pousse un long soupir.

- Tu pourrais faire... effort.

J'ouvre la porte d'entrée de la résidence et l'ascension commence. C'est pénible mais mon esprit est tellement embué que je ne sais pas vraiment combien de temps ça nous prend. Cela pourrait être dix minutes comme deux heures. La porte de mon appartement nous fait face et je la regarde. Comme si elle allait s'ouvrir d'elle-même. Déçue,  je commence à farfouiller dans les poches de ma veste. Les clefs font du bruit et me signalent qu'elles sont prêtes à faire leur travail. C'est l'heure de la fastidieuse tâche de trouver la bonne. Je m'acharne quelques secondes avant de me tourner vers mon amie. Oui, je crois que c'est mon amie.

Nous entrons enfin et Mack -j'ai eu le temps de retrouver le début pendant notre ascension, m'emmène dans ma chambre. Je me déshabille avec son aide mais arrivée en t-shirt et boxer, la tête me tourne et je m'assoie rapidement sur le matelas. La main sur la bouche alors que je n'ai même pas encore envie de vomir, je prends plusieurs longues respirations. Puis je relève la tête vers elle.

- De l'eau... s'il... te plaît.

Je m'allonge sur le dos et analyse le plafond. Longtemps. Je me dis que David l'aurait trouvé étrange avec toutes ses fissures qui forment des dizaines de petits dessins. Je me dis aussi que David aurait adoré cet appartement. Peut-être même plus que je ne l'aime. Et puis je me dis que David ne verra jamais cet appartement. Et j'ai un hoquet de douleur. Si fort qu'il me fait mal à la poitrine.

- J'aimerais dire que je suis désolée... Mais je ne le suis pas.

Ma voix est pâteuse et les mots sont parfois un peu trop collés entre eux. Mais je sais que David pourrait me comprendre même si je parlais une autre langue que ni lui ni moi ne parlons.

- Ce n'est pas ta faute.

Rien n'est jamais la faute de David et rien ne pourra jamais l'être. De ça, j'en suis certaine. Même avec plus de verres dans le sang qu'il ne le faudrait. Même avec la fatigue de la semaine accumulée. Même si je doutais de tout le reste, je serais certaine de ça.
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Mackenzie Kellaghan
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Sam 20 Fév - 20:59  
 
99 bottles of beer on the wall
Kenzie & Alyssa
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Pour Mackenzie, c’est la partie la plus difficile de la soirée qui commence. Faire sortir une Alyssa somnolente de la voiture est une tâche relativement simple, mais elle sait qu’une fois à l’intérieur, l’ascension des escaliers serait un cauchemar. Leur danse est suffisamment répétée pour qu’elle sache quand et comment l’aider à marcher, mais, marche par marche, la situation est toujours compliquée. L’anticipation les fait souffler toutes les deux, mais son soupire à cela de bon qu’il est caché par la critique à peine déguisée d’Alyssa.

Elle pourrait faire un effort, c’est vrai, mais elle n’en fera pas. Si elle s’écoutait, elle forcerait Alyssa à courir. Vu sa coordination, l’effort serait pénible, un véritable exercice d’acrobate et de self-control, mais elle évacuerait l’excès d’alcool. Et puisqu’elle ne le fera pas, Alyssa peut bien se forcer à monter les escaliers. Peut-être que ça la forcera à louer dans un immeuble avec ascenseur à la fin de ses études. Kenzie n’espère pas. Elle préfère ne rien répondre, le silence est toujours la meilleure option avec Alyssa, lorsqu’elle est dans cet état, mais elle n’en pense pas moins. Les efforts pourraient être faits des deux côtés. Mais Alyssa est complètement pétée, elle sait à peine faire un pas sans rencontrer le sol tête la première et les fesses en l’air. Un effort de sa part consiste à prononcer une phrase de manière compréhensible. Parfois, Kenzie se demande comment Alex fait pour être aussi patiente. Souvent, Kenzie se demande comment elle arrive à être aussi patiente avec Alyssa. Une chose est sûre : elle ne dira jamais rien. Là n’est pas sa place.

Elle s’est invitée, sans demander son avis à Alyssa. Elle s’est imposée ces soirées de week-end toute seule. Elles ne sont pas amies, la chose a été mise au clair très rapidement. Alyssa ne lui doit rien. Et sourire après sourire, Kenzie n’a pu qu’acquiescer. Elle n’a pas besoin d’être considérée comme une amie pour s’occuper d’elle. La seule chose qu’elle demande, c’est de pouvoir être là, chaque vendredi et samedi soirs. Autant pour l’empêcher de commettre une connerie que pour empêcher des connards abuser d’elle. Mais surtout, pour s’assurer qu’elle passera la nuit et ne mourra pas dans une marre de son propre vomit.

C’est pour ça qu’elle ne dit rien, lors de la montée des escaliers on ne peut plus compliquée. Et c’est pour ça qu’elle attend patiemment qu’Alyssa ne lui demande silencieusement d’ouvrir la porte. Elle n’a pas besoin de chercher longtemps pour trouver la bonne. Elle la connaît. La porte s’ouvrir rapidement et Kenzie n’a pas le temps de poser les clefs sur la table du salon qu’elle suit déjà Alyssa dans sa chambre pour l’aider à se déshabiller. Voilà la tâche la plus simple. Il n’y a rien de sensuel ni de désirable. Il n’y a que patience et habitude dans le geste. Elle n’est pas vraiment surprise de la voir porter sa main à la bouche, mais elle sait que ce n’est pas encore l’heure de vomir. Elle a vite appris à reconnaître les signes.

C’est toujours en silence, qu’elle sort de la chambre. Elle ne prend pas la direction de la cuisine pourtant. Elle s’installe d’abord dans le salon pour y brancher son téléphone. 8 % de batterie. D’ici à ce qu’il soit suffisamment chargé et qu’Alyssa dorme, il sera trop tard pour appeler.

« Fais chier. »

L’espace d’un instant, elle entreprend l’idée d’envoyer un texto. Son doigt danse au-dessus du nom de la conversation quelques secondes, mais elle finit par abandonner son téléphone sur le canapé, verrouillé. Elle le fera plus tard.

Rapidement, elle sort un verre du placard et le remplit d’eau. D’ici à ce qu’elle revienne dans la chambre, elle sait qu’Alyssa sera allongée et à nouveau, Kenzie a envie de la faire courir. Un jour elle le fera. Une nuit de week-end passée sans vomir lui ferait du bien, elle en est persuadée, même si Alyssa ne serait certainement pas d’accord.

Debout dans l’entrebâillement de la porte, elle la laisse parler dans le vide. Un jour peut-être, elle osera poser la question qui lui brûle les lèvres. Mais ce n’est pas encore son rôle. Et dans un soupir rempli de patience, elle dépose le verre sur la table de nuit.

« Lève-toi Aly. »

D’un bras, elle la force à se relever. Il n’est pas question que l’eau qu’elle avale finisse sur les draps et pas dans son estomac. Bien sûr, tôt ou tard, ça finirait dans la cuvette des toilettes – ou pire, sur le sol – mais c’est l’intention qui compte.  

« Tu veux un pyjama, ou tu veux rester comme ça ? »

La question se termine alors qu’elle lui tend le verre d’eau. Ce n’est peut-être pas une bonne idée, faire deux choses en même temps est compliqué avec l’esprit aussi embué que celui d’Alyssa, mais Kenzie n’attend pas de réponse immédiatement. Elle préfèrerait qu’elle avale l’eau avant et peut-être même un deuxième verre, avant. Histoire de…


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Sam 23 Avr - 0:14  
 
99 bottles of beer on the wall.Mes pensées sont brouillons. Elles s’éparpillent et reviennent. Elles se bousculent, s'entrecoupent et se rejoignent. En flot continu que j'ai du mal à suivre. Tout va trop vite et trop lentement. Je reste hypnotisée par le plafond. Et David. Je suis toujours hypnotisée par lui. Il me suit à chaque instant. Son ombre est réconfortante. Je me dis que si elle est là, alors c'est que je ne l'oublie pas. Et je ne veux pas l'oublier. Ce serait la pire chose au monde. Rien que l'idée me met en colère. Je tente de me calmer. A quoi est-ce que je pensais tout à l'heure ? Ah oui, le plafond. David et le plafond. Je hoche la tête. Parfois, penser à lui me rassure, parfois ça me rend hors de moi. Parfois, c'est la tristesse qui prend le dessus. Mais je ne pleure plus. J'ai versé toutes les larmes de mon corps il y a bien longtemps déjà. Pleurer, c'est être faible. Et si David est bien le seul à mériter cette eau salée, je ne veux plus qu'elle coule sur mes joues. Je veux être forte.

- Tu crois que je suis assez forte ?

Je ne pense pas pouvoir être assez forte un jour. Et David ne me répondra jamais alors je ne pourrais jamais savoir si je suis assez forte selon lui. Je ne suis pas faible. Le plafond n'est pas beau. Mais il est cool.
Je vois une fille rentrer dans ma chambre. Je la connais. Je ne sais plus trop pourquoi mais je sais que je peux lui faire confiance. Un minimum. Au moins pour de l'eau. Elle me dit de me lever. L'ordre a à peine atteint mes neurones que déjà elle tire mon bras. Je me laisse faire. A quoi bon résister ? Pas bon. Amorphe, je l'écoute me parler. Elle mentionne un pyjama et elle me tend le verre d'eau. C'est quoi le rapport ? Je regarde le liquide transparent sans trop savoir quoi faire. Je la regarde, elle, qui attend manifestement une réponse que je n'ai pas. Je fais quelques aller-retours des yeux avant de me décider à dessécher ma bouche. Je bois le tout d'une traite. Ce n'est pas super bon mais ça fera l'affaire. Je sens l'eau couler à l'intérieur de moi et j'adore ça. Je lui redonne le verre et il me semble que je dois dire quelque chose mais je ne sais plus quoi. Elle m'a posé une question, ça j'en suis sûre. Après... c'est flou. Une histoire de pyjama.

- On s'en fout.

Je pense et je dis. Ou je dis et je pense. Peu importe. Je n'ai plus la force de réfléchir. Je n'ai plus envie de réfléchir. On ne fait que ça, réfléchir. A longueur de journée. A longueur de vie. On réfléchit à pourquoi on réfléchit sans se rendre compte que la clef est peut-être d'arrêter de réfléchir. On se donne du mal et on se fait du mal. On est masochistes dans l'âme. On en redemande. Tous les jours. Chaque réveil, chaque fois qu'on se lève, on sait qu'il faudra encore réfléchir. Il faut toujours réfléchir. Réfléchir. Réfléchir. Réfléchir. Et quand on ne réfléchit pas, on se dit qu'on aurait dû réfléchir alors on réfléchit deux fois plus. Et on ne s'arrête plus. On ne sait plus s'arrêter. Parce que personne ne nous apprend à arrêter de réfléchir. On nous apprend à réfléchir.

- Arrête de réfléchir.

J'attrape son poignet et je la tire vers moi. J'aimerais qu'elle se couche, qu'elle se pose cinq minutes. Je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que ça la saoule d'être là. Mais je ne lui ai rien demander, moi. Je me remets face au plafond. Lui, au moins, il ne réfléchit pas. Je tends le bras vers les fissures. C'est fou. J'ai jamais trop compris les peintures. Pourquoi des gens pouvaient regarder de l'huile sur une toile pendant trois heures et aimer ça. Mais là, je crois que je comprends. Je pourrais passer ma vie à chercher tous les détails de chaque fissure. Ce serait une belle vie.

- Regarde.

Je ne sais pas s'il est vraiment possible de ne pas réfléchir. Ne penser à rien. Mais on peut au moins mieux réfléchir. Moins réfléchir.
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