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Mackenzie Kellaghan
Pitch Chocolat
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Lun 8 Fév - 5:35  
 
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Kenzie & Joey
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Il y a comme une ambiance festive, une allure de célébration, une bonne humeur communicative qui rend Mackenzie heureuse de ne plus vivre avec eux. Voir ses parents danser comme deux adolescents en rut n’était pas sur sa liste des choses à voir et elle à peu près sûre qu’elle en fera des cauchemars une fois la nuit tombée. Et à en croire le regard de Juliet, elle ne sera pas la seule. Elle n’a même pas envie de demander ce qu’ils ont mangé : elle a bien trop peur de la blague qu’ils pourraient sortir.

Il règne une atmosphère enfantine, presque innocente, naïve. Le genre d’atmosphère qui fait soupirer, lever les yeux au ciel, sourire. Le genre d’atmosphère qui met du baume au cœur et rappelle que tout n’est pas horreur, cruauté, douleur insatiable – ou pire, que la vie ne se résume pas au métro-boulot-dodo. Bien sûr, Kenzie n’est accoutumée à ni l’un ni l’autre, mais elle peut imaginer. La vie n’a pas été cruelle. Elle a même été plus douce. Mais si le bonheur qu’elle lit sur le visage de ses parents peut lui faire pousser un sourire ce matin, alors il peut probablement guérir tous les maux. Ou est-ce trop naïf de sa part ?

La nervosité lui tord l’estomac. Comme à chaque fois. Il n’y a pas de quoi bien sûr, sinon elle ne le serait pas. Mais elle ne se refait pas. La trotteuse de l’horloge chante les secondes, inaudible sous cette vieille chanson du début des années 2000 qu’elle ne pourrait même pas nommer, lui rappelle qu’elle devrait partir si elle ne veut pas être en retard, lui donne envie d’appeler Spencer et de lui dire d’annuler. Quelle idée de faire attendre un soldat. Quelle idée de se marier avec une nana qui a une meilleure amie militaire. Spencer a-t-elle seulement prévenu Joey que Kenzie est toujours en retard ? Spencer a-t-elle seulement prévenu Joey que Kenzie est une zarbi qui vit dans son monde de poussière ? Que sa seule passion consiste à monter sur un ring et faire tout son possible pour ne pas tomber à l’eau ? Que sa seule ambition consiste à devenir professionnelle ? Elle n’a pas honte de ce qu’elle est. De qui elle est. De qui elle aime. De ce qu’elle est devenue. Mais se tenir à côté d’une militaire de carrière n’est pas forcément bon pour son égo, quand la seule chose qu’elle a accomplie c’est un KO en moins d’une minute en championnat. Et avec l’éducation de Joey, pas sûr que ce soit un exploit digne de son admiration.

Lèvre inférieure massacrée par ses incisives, elle part déjà avec cinq minutes lorsqu’elle se décide enfin à quitter le canapé parental. Celui qu’elle squatte tous les matins après un petit déjeuner rarement aussi dynamique. Celui qu’elle a toujours détesté parce qu’il maltraite ses fesses de la pire des manières. Celui qu’elle aimerait pouvoir retrouver immédiatement après s’être relevée. Parce qu’éviter l’objet de sa nervosité est toujours la meilleure solution.

Elle a 15 minutes de retard, lorsqu’elle arrive au point de rendez-vous, devant le Ronald Reagan Building. Elle s’est probablement garée comme la pire des garces, mais l’avenue est suffisamment grande pour qu’un aveugle évite un accident. Du moins… elle ose l’espérer. Joey est déjà là, bien sûr, et Kenzie doit bien avouer que, pour une fois, elle n’a aucune excuse ridicule à sortir. Elle aurait dû y réfléchir dans la voiture. Merde.

« Hey, désolée pour le retard. »

Que dire ? Que dire ? Parler n’est pourtant pas un problème pour elle. Mais s’entendre avec Joey est impératif. Pour Spencer.

« Tu vas bien ? »

Elle a presque envie de foncer dans un mur, parce qu’il n’y a rien de pire qu’une telle question pour signaler à l’autre que, décidément, non, j’ai rien à te dire. Et ce n’est pas faute de se triturer les méninges. Si Spencer était là, elle n’aurait aucun souci, aucune appréhension et la journée serait passée en un clin d’œil. Mais Spencer n’est pas là et elle ne connait pas Joey et Kenzie est Kenzie et la pression sur ses épaules est énorme. Le rôle d’une meilleure amie, c’est de détester le fiancé ou la fiancée de l’autre. Mais elle aimerait échapper à la règle. Et Joey n’est pas une cible facile.

« Je les ai appelés en cours de route pour prévenir qu’on serait en retard. Ils nous attendent. »

Peut-être qu’il serait bon de commencer avec l’ordre du jour. Elles ont une mission à accomplir. Ça fera toujours un bon sujet de conversation. Avec un peu de chance.


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Joey Blythe
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Lun 8 Fév - 15:42  
 

(and after the storm, i run and run as the rains come and i look up, i look up on my knees and out of luck, i look up.) Il est des jours où l’on préfère rester enfouie sous sa couette bien au chaud, en sécurité, une tasse de café à la main, un film sous les yeux. Des jours souvent pluvieux, froid. Des jours paisibles où le travail n’est qu’un lointain souvenir. Malgré le soleil qui brillait timidement dehors, ce jour aurait pu être dédié à la fainéantise et à l’oisiveté. Hélas, le devoir m’appelait. J’avais espéré, en vain, me réveiller avec la sensation étrange qu’on m’avait joué un tour. Le réveil affichait 07.00 AM. Impossible de se débarrasser des vielles habitudes. Quand certains profitent d’une grasse matinée méritait, d’autres ne parviennent pas à rester endormi après 08.00 AM. Cela n’avait aucune importance. Je devais me rentre au centre ville pour une rencontre qui ne m’enchantais guère. En ce rare jour de congés, je devais adopter le rôle de la parfaite amie et rencontrer la future épouse de Spencer. Je ne lui avais pas caché préférait passer la journée en sa compagnie, ou seule. Elle savait, sans vraiment savoir, que ma vie était compliquée et mes activités professionnelles prenantes, fatigantes au plus haut point. Pourtant, je n’avais pu refuser bien longtemps. Je ne pouvais pas décemment lui refuser cette petite faveur. J’étais à peine levée et déjà mon téléphone vibrait sur la table. « N’oublie pas Mack. Sois sympa ! ; ) Amusez-vous bien ! XXX » Je soupirais bruyamment. Je ne détestais pas Mackensie. Au contraire, elle me semblait être une jeune femme bien. Quelqu’un qui aimait Spencer sans conditions et la rendait, à l’évidence, heureuse. Cela devait me suffire. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’être suspicieuse, d’analyser les moindres faits et gestes de la petite brune qui s’immisçait entre nous. Je ne la connaissais pas. Spencer avait toujours été là pour tout contrôler lors des rares occasions où nous nous étions rencontrées. Difficile d’être sûre de quelqu’un dans de telles conditions. J’aurais pu utiliser mes ressources pour me renseigner sur elle. Je ne l’avais pas fait. Pas encore. Cette journée déciderait peut-être de tout.

Le rendez-vous avait été fixé à 10.00 AM précise.  J’étais sur place à 9.45 AM, ce qui me laissait le temps pour un nouveau café. A 9.50 précise j’étais debout devant le Ronald Reagan Building, scrutant les visages des locaux et des touristes qui marchaient plus ou moins rapidement. Tout proche se trouvait le mémorial des vétérans des guerres américaines. J’espérais secrètement avoir le temps d’y passer aujourd’hui. Si j’avais su que Mackenzie était du genre en retard, je n’aurais pas hésité une seconde à m’y rendre. Les minutes s’écoulaient avec une lenteur déconcertante. La patience était une vielle amie. Sans elle, je ne serais pas grand-chose. Pourtant, aujourd’hui j’étais d’humeur à perdre patience. Je détestais perdre mon temps et c’était exactement ce que Mack me faisais subir en cet instant. Bien décidée à ne pas perdre la face et surtout à utiliser ce temps à bon escient, je m’assis sur les marches du bâtiment et entreprit de lire un rapport crypté sur mon téléphone. Je détestais devoir enfreindre ma propre règle sur mes jours de congés mais la situation exaspérante était propice au travail. Absorbée par ma lecture, le temps s’était écoulé sans que je ne le remarque. Les locaux, hommes d’affaire pressés, s’étaient évaporés, laissant la place aux touristes curieux de découvrir cette partie si emprunte d’émotions de la ville. Le timide soleil nous honorait de ses rayons réchauffant et bientôt ce fut Mackenzie qui m’honora de sa présence. Sa silhouette se découpait devant moi. « Hey, désolée pour le retard. » Je ne daignai pas répondre, rangeant mon téléphone, éloignant pour la journée le travail qui m’assaillirait à nouveau dans deux jours. Je laissais de côté l’agent Blythe pour ne laisser que le lieutenant Blythe, l’amie parfois trop disciplinée de Spencer. « Tu vas bien ? » Visiblement mal à l’aise, Mackenzie tentait d’établir le dialogue. J’allais devoir faire un effort et me montrer civilisée. Plus facile à dire qu’à faire. « Ca va. Ne perdons pas plus de temps tu veux. » Sourire figé, voix pas assez enjouée. Je n’étais pas douée à ce jeu là. Je descendais de mon perchoir pour suivre le mouvement de ma compagne d’infortune. « Je les ai appelés en cours de route pour prévenir qu’on serait en retard. Ils nous attendent. » Tout n’était peut-être pas perdu. Je m’étonnais encore du retard de Mackenzie. Je pensais, sans doute à tord, que Spencer lui aurait fait un topo sur moi et les choses à éviter en ma présence. La ponctualité étant la base de ma personnalité. Si je détestais qu’on me tease à ce sujet, j’étais bien consciente que mon obsession des horaires était insupportable pour certains. Cette connaissance ne me faisait pas changer pour autant. Dans ma vie professionnelle, une minute de retard pouvait s’avérer fatale. « Alors c’est un endroit susceptible d’accueillir le mariage c’est ça ? » J’essayais de m’intéresser, de lui montrer que je n’étais pas un monstre dénuée de sentiments. J’entendais la voix de Spencer en boucle dans ma tête me demandant de faire des efforts. Je ne détestais pas Mackenzie. Encore maintenant, j’étais presque certaine que nous pouvions nous entendre. Hélas, je n’avais jamais été très douée avec les amitiés féminines depuis l’armée. S’entendre avec des hommes me semble, encore aujourd’hui, bien plus facile. « Spencer ne m’a rien dit sur la réception. Vous avez déjà une idée du nombre d’invités ? » Faire la conversation, être banale, sourire, offrir un café. Voilà les clés d’une bonne journée.

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Mackenzie Kellaghan
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Mer 10 Fév - 0:08  
 
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Kenzie & Joey
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La réaction de Joey ne laisse aucun doute : le retard n’est pas passé. Elle admet que c’était stupide. Elle aurait pu essayer de faire plus d’efforts. Elle aurait pu ne pas passer chez ses parents pour le petit-déjeuner malgré l’habitude. Ou elle aurait pu prendre la route dès la dernière goutte de jus d’orange avalée. Ou elle aurait pu prévenir. Elle aurait pu faire n’importe quoi tant que ça finissait par son arrivée à dix heures tapantes. Ou l’art de marquer un premier point auprès de Joey. Serait-il bien sage de faire une blague et dire qu’elle compte arriver en retard à son propre mariage, histoire de faire transpirer Spencer quelques longues minutes ? Non. Il vaut mieux ne pas tenter le diable.

Les mains dans les poches de son manteau, elle laisse entrevoir un sourire quelque peu désolé. Il n’aura pas d’impact sur la frustration de Joey, mais c’est le moins qu’elle puisse faire. Elle est réellement désolée du retard. Mais elle n’est pas désolée d’être quelqu’un qui ne sait pas être à l’heure. Elle aimerait pouvoir dire qu’elle est même née en retard, mais ce serait faire une hypothèse. Elle ne sait rien sur sa naissance. Elle ne saura sûrement jamais rien, d’ailleurs. Seulement qu’elle n’était pas assez bien pour ses parents. Une pensée bien sombre, pour une journée si belle. Le mois de novembre est doux cette année et elle en est reconnaissante. C’est toujours mieux d’avoir du soleil pour égayer les dernières semaines d’automne avant que le vent, la neige et le froid ne recouvrent la ville.

Elle enfonce ses mains dans son manteau quelques instants, pour jouer avec son téléphone. Jouer avec l’envie d’appeler Spencer. Jouer avec l’envie de se torturer parce que leur dernière conversation remonte à la veille et ce n’est pas qu’elle a besoin de lui parler à toute heure de la journée, mais c’est qu’elle déteste ne pas l’avoir vue depuis leurs fiançailles. Comment se marier si elles vivent dans deux états opposés ? Mais Joey et elle atteignent la porte du bâtiment et si Kenzie est quelqu’un de toujours en retard, elle a surtout tous les gestes de la galanterie. Avant que Joey ne puisse le faire, elle lui ouvre la porte.

« C’est ça. Trade Center le jour, organisateurs de mariage la nuit. »

Lorsque la porte se referme derrière elles, Kenzie ose à peine regarder autour d’elle. C’est grand, assurément. Luxueux, à n’en point douter.

« Ils ont l’emplacement parfait, les salles, l’espace, la sono, tout ce qu’il faut et ils offrent le traiteur aussi. Ce qui m’inquiète un peu, c’est le prix. »

Parce que mariage oui, mais dettes jusqu’à ses 70 ans, non.

« On a pas d’idée précise pour le moment, mais entre 100 et 200 probablement, voire plus. Peut-être moins ? »

Son téléphone vibre dans sa poche et si elle cache sa surprise à merveille, elle ne peut empêcher la réaction de son cœur qui bondit dans sa poitrine. Elle n’a pas eu peur – à peine – mais c’est l’espoir d’un certain destinateur qui lui donne des fourmis aux doigts. Si elle était à ce point impolie, elle sauterait sur ce texto pour que ses espoirs soient réduits à néant ou récompensés. Sa main s’enfonce à nouveau dans sa poche et commence à jouer avec. Comme s’il s’agissait d’un moyen de calmer sa pulsion au lieu de la nourrir.

« On n’a pas encore vraiment d’idée. Notre priorité c’est de trouver une date et malheureusement pour ça, il faut trouver un lieu de réception. On pensait à un mariage au printemps ou en été. »

Un sourire naît sur ses lèvres, sans qu’elle ne sache pourquoi. Peut-être parce que le mariage n’est plus qu’une idée sur son annulaire. Peut-être parce que parler mariage l’excite – non, ce n’est pas ça. Peut-être parce qu’elle a l’impression d’avoir un morceau de Spencer à ses côtés – non, ce n’est pas ça. Peut-être parce qu’elle a simplement envie de sourire, comme cela lui arrive parfois – oui c’est probablement ça. Elle sent toujours la nervosité nouer son estomac, mais elle ne peut rien faire pour la faire disparaître. L’apprivoisée est la seule solution.

« T’en penses quoi ? Printemps ou été ? »

Son sourire s’étire, devient presque malicieux. C’est sa manière à elle d’essayer de briser la glace. Parce que si Joey donne son avis, tout ne sera pas que mariage mariage mariage. Si Joey donne son avis, peut-être que Kenzie pourra apprendre à la connaître un minimum. Peut-être qu’elle pourra arrêter de parler pour ne rien dire à cause d’un silence trop pesant. Peut-être qu’elle pourra trouver un moyen de ne pas être mal à l’aise. Ou même ! Peut-être qu’elle n’aura plus l’impression d’avoir affaire à un mur.

Mais elle ne peut lui laisser le temps de répondre parce qu’une femme fait claquer ses talons sur le sol et se dirige visiblement vers elles.

« Mademoiselle Kellaghan je présume ? Jennifer Lodges, c’est moi qui vais m’occuper de vous aujourd’hui. »

Un regard nerveux en direction de Joey et Mackenzie a presque envie de rentrer chez elle. Parce qu’elles n’ont pas dit un mot à l’accueil à propos de leur arrivée et il n’y a pas 3000 façons pour Jennifer de la connaître. Il y en a deux en fait, et dans un cas comme dans l’autre, Kenzie n’est pas forcément heureuse à l’idée de passer les prochaines heures avec elle. Encore plus si elle prend Joey pour sa fiancée.

Oh mon dieu.

Dire quelque chose ou se taire ?

Un raclage de gorge nerveux plus tard et Kenzie retrouve son sourire.

« Super ! »

Se taire donc. Après tout, il n’y a rien de mieux pour briser la glace que quelqu’un les prenant pour un couple, non ?


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Joey Blythe
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Jeu 11 Fév - 13:38  
 

(and after the storm, i run and run as the rains come and i look up, i look up on my knees and out of luck, i look up.) Les mots traversaient mes lèvres avec une difficulté presque inconnue. Parler n’avait rien de difficile. Une action aussi naturelle que celle de marcher ou courir. Peut-être trop solitaire, parfois plus à l’aise avec les mots écrits dans les livres, je n’étais pas pour autant dénuée de conversations. Mackenzie ne m’effrayais pas. Trop peu de personnes m’effrayaient réellement. J’étais celle que l’on craignait. Celle qui d’un regard faisait taire les mauvaises langues. Celle qu’on respectait et dont l’avis importait. Celle dont on respectait les décisions même les plus farfelues. On osait parfois me remettre en question, s’attaquait à mes mots, les défier, en douter. J’écoutais. Je comprenais. Je savais réfléchir et changer ma façon de penser au besoin. Du moins avant. Cette partie de moi disparaissait peu à peu. Je n’étais plus maître de mes actions comme auparavant. Cette sensation de liberté enivrante que personne ne comprends. Comment peut-on être libre au sein de l’armée ? Énigme impossible à résoudre sans vivre soi-même l’expérience. Des ordres j’en recevais. Des plus gradés que moi j’en côtoyais. Mais je donnais aussi des ordres. J’étais de ceux qui arboraient fièrement leurs grades. Maîtres de la situation, penseurs de l’instant. Des responsabilités alourdissant mes épaules, je détenais un certain pouvoir de décision. Un pouvoir de vie ou de mort. Une responsabilité trop grande pour certains. L’armée me manquait cruellement. J’avais choisi de la quitter avec l’espoir de voir arriver des jours meilleurs. J’étais dans le faux, bercée d’illusions. La chute fut rude. Toujours debout, le menton levé, je plongeais tête baissée dans ce nouvel univers pleins de promesses. Je n’étais plus réellement aux commandes. On m’ordonne et j’obéis. Il n’y a guère que sur le terrain, une fois seule avec moi-même et la mission, que je peux m’adonner à la réflexion. Dans ces moments de solitude, il n’y a que moi et ma tête pour prendre les décisions qui s’imposent. Pas d’autres choix que de foncer. Aujourd’hui, elle fonçait tout droit vers l’inconnu. Une journée avec la fiancée de sa meilleure amie. Une journée à chercher des lieux potentiels pour organiser leur mariage. Une journée que toutes les jeunes femmes apprécient. Mais pas Joey.

« Merci. » lui dis-je, doucement tandis qu'elle fait preuve de gentillesse et de la galanterie en ouvrant la porte. Geste anodin ou non, je décroche un sourire signe de bonne volonté. Je joue mon rôle. Je l’écoute parlait, distraite par l’endroit que j’examine des yeux. Pas de découvertes majeures, la familiarité du building ne m’impressionne plus. Je fais semblant. Je m’intéresse. Belle surface. Luxe garanti. Pas vraiment à mon goût. Une piqure de rappel quant au monde qui était mien quand j’étais jeune. Un monde que je détestais et dans lequel je me fondais pour plaire à mes parents, espérant un regard tendre, des mots doux. « Ils ont l’emplacement parfait, les salles, l’espace, la sono, tout ce qu’il faut et ils offrent le traiteur aussi. Ce qui m’inquiète un peu, c’est le prix. » J’hochais la tête sans y penser, le regard se promenant encore sur l’espace. Tout était toujours une question d’argent. Je détestais être dépendante à ce point de quelque chose d’aussi invisible. Je n’avais pas à me plaindre. Ma maigre retraite d’officier de l’armée couvrais certaine de mes dépenses. Le chèque du gouvernement me donnait largement de quoi vivre. Je me mordais les lèvres, consciente qu’il me faillait me contenir, retenir les mots qui me brûlaient la gorge. Mackenzie n’accepterait jamais la charité. Spencer non plus. Je gardais pour moi cette idée saugrenue et m’arrêtais à hauteur de ma compagne d’infortune. Je la sentais nerveuse, essayant de briser la glace par tous les moyens. Je n’y m’étais pas assez du mien. Je ne faisais pas assez d’efforts. J’avais mon idée sur la question, ayant toujours préféré le printemps et surtout préférant vivre à l’extérieur. Une cérémonie au grand air serait parfaite. Impossible de répondre, nous voilà accaparer par une étrangère aux talons claquant et au tailleur parfaitement lisse. Je grince des dents. Une femme trop propre sur elle qui jugeait les autres d’un coup d’œil. Je n’avais rien à me reprocher côté look. Un pantalon en lin bleu clair, une chemise blanche assorti d’une petite veste claire, un sac noir banal et des bottines en guise de chaussures. Sans oublier mes plaques militaire dissimulées sous mes vêtements. Et mon couteau dans mon sac. Pas d'arme à feu aujourd'hui. Trop risqué. Pour autant, je n’avais rien du garçon manqué que les gens s’attendent à voir lorsqu’ils connaissent mon occupation. Une femme militaire féminine ? En voilà une surprise ! « Mademoiselle Kellaghan je présume ? Jennifer Lodges, c’est moi qui vais m’occuper de vous aujourd’hui. » Je ne souris plus. Je détaille cette Jennifer Lodges. Regard perçant, sourire clinquant. Une professionnelle. Mackenzie a l’air plus nerveuse encore. Si une telle chose est possible. Jennifer me tend la main et je lui la sert sans équivoque, peut-être trop brutalement. « Et vous êtes Spencer Hart bien sûr ! Enchantée ! Vous formez un couple radieux ! » Malaise. J’écarquille les yeux, je laisse mon bras retomber mollement le long de mon corps. Je ne souris plus. Je n’ai pas envie de rire. Je toise cette Jennifer Lodges, cherchant à lui faire comprendre son erreur. Pas si professionnelle que ça. « Vous êtes très mal renseigné miss Lodges. » Elle perd ses moyens. Mackenzie à côté de moi grimace. « Joey Blythe. Le témoin de miss Hart. La meilleure amie du couple. » Je souris à nouveau et lance un clin d’œil complice à Mackenzie. Je m’engouffre dans cette erreur, y voit une échappatoire, un moyen d’entrer en contact avec Mack. Une situation dérangeante, gênante, dont on se souviendra et qui nous fera rire des années plus tard. Une situation qui, peut-être, aura su briser la glace.

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Mackenzie Kellaghan
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Ven 12 Fév - 22:40  
 
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Ça ne dure que quelques secondes, mais la tension pourrait être coupée au couteau. Et encore, ce n’est pas sûr que le couteau réussirait à le faire. Une hache ferait mieux l’affaire. Elle n’a pas besoin de regarder Joey pour savoir que la remarque est mal passée. Jennifer vient de faire une grosse bourde et Kenzie a envie de rire, autant qu’elle a envie de fuir se cacher sous une table le temps que l’humiliation s’estompe. Rire, parce qu’il n’y a rien de radieux entre Joey et elle. Il n’y a que distance et hésitation et l’impression de marcher sur des œufs. Fuir parce qu’elle est gênée d’une telle situation. Pourquoi Spencer devait-elle de l’autre côté du pays ?

Elle grimace, lorsque Joey répond. Une réponse froide, pas agressive pour un sou, mais qui laisse passer tout le dédain de Joey pour cette sombre inconnue. Il n’y a pas à dire, Kenzie ne veut jamais être victime de ce ton. Mais sa grimace se transforme vite en un sourire. Meilleure amie du couple. Ce n’est pas faux. Ce n’est pas tout à fait vrai non plus. Mais c’est un pas en avant. Et Kenzie est soulagée. Peut-être un peu trop, parce qu’elle ne peut retenir un rire lorsqu’elle voit le visage de Jennifer s’empourprer. C’est mal poli. C’est méchant. Et elle s’arrête dès qu’elle s’en rend compte, s’excuse dans un souffle.

Son téléphone vibre à nouveau. Son cœur bat un peu plus fort. Sa curiosité se fait de plus en plus forte, mais elle résiste. Sans trop savoir comment. L’habitude de se faire violence pour calmer son impatience probablement. Au lieu de le sortir et de regarder le nom de la personne qui cherche à la joindre, elle offre un sourire désolé à Jennifer.

« Spencer s’excuse de ne pas pouvoir être là. Son travail lui prend beaucoup de temps. »

Elle pourrait être mariée à son travail à vrai dire, mais ce morceau d’information, Kenzie le ravale. Elle n’est pas amère. Elle n’est pas en colère. Elle ne lui en veut pas. C’est une des raisons qui l’ont fait craquer, bizarrement. Et c’est une chose qu’elle garde secrète. Non pas parce qu’elle pense que les autres ne pourraient pas comprendre, mais parce qu’elle garde tout ce qui concerne leur relation secret. Elle déteste entendre les autres pleurnicher quand quelque chose ne va pas et hypocrite est bien un adjectif qui ne qualifie pas Kenzie. Elle n’en parle pas. Ni des mauvais moments ni des bons. Les fiançailles n’ont pu être gardées secrètes bien sûr et le mariage ne sera pas discret non plus – même si elle préfèrerait plutôt se casser à Vegas et faire ça rapidement, sans avoir à s’embêter de toutes ces mondialités, mais tout ce qui fait de Spencer et Kenzie, Spencer et Kenzie est tu. Elles s’aiment, c’est tout ce qu’il y a à savoir. C’est tout ce qui compte.

« Bien sûr. Je suis vraiment désolée. »

Un sourire de Kenzie clos l’affaire et lorsque Jennifer leur demande de la suivre, elle est la première à le faire. Maintenant qu’elle peut sourire librement, elle le fait sans se cacher. Parce que non, franchement elle ne peut pas comprendre comment il y a pu avoir confusion. Un couple sur le point de se marier n’est pas aussi silencieux, ni sérieux, et encore moins aussi tendu. Il n’y a rien de radieux entre elles. Il y a l’amusement. L’envie irrépressible de rire aux éclats et de revivre la scène, parce que la gêne est passée. Mais il n’y a pas de « radieux. »

« Alors, printemps ou été ? »

Demande-t-elle à nouveau lorsque Joey prend place à ses côtés. Elle a ses mains dans les poches de son manteau à nouveau, autant à cause d’une habitude dont elle n’arrive pas à se défaire, mais surtout parce que son téléphone ne cesse de vibrer et le fait de le tenir fermement entre ses mains empêche de la distraire. Ce n’est pas Spencer. Ça ne peut pas être Spencer. Une telle insistance ne peut venir que de Juliet et Kenzie a presque envie de sortir son téléphone pour l’éteindre. Ou rappeler sa sœur et lui dire de se la boucler.

« Je préfèrerais un mariage de printemps personnellement. Ou à Vegas avec Elvis Presley en maître de cérémonie. Moins cher, moins chiant, moins… romantique, mais surtout plus rapide. »

Elle se mord la lèvre. Trop d’information ? Elle n’osait pas proposer à l’idée à Spencer au risque de se faire incendier et voilà qu’elle le révèle à sa meilleure amie. Super bien pensé !

« Mais je crois que si je propose l’idée, je me fais tuer sur place. Avec ce regard spécial Spencer. »

Celui qui, même lorsqu’il ne se voit pas à travers le téléphone, paralyse. Celui qui donne l’envie de remonter le temps pour ne jamais dire ce qui vient d’être dit. Celui qui laisse pantois devant tant d’agacement, ou de dédain, ou de colère. Celui qui donne sa définition à l’expression « si les regards pouvaient tuer… .» Celui que Kenzie a vu de trop nombreuses fois et qui finit toujours par la faire sourire. Rire. Ou qui finit par la séduire. Celui que Joey a dû voir aussi plus d’une fois, depuis le temps qu’elles se connaissent.

Elle imite ce regard pour Joey. Comme si elles étaient de vieilles amies qui pouvaient rire de tout, même de ce regard qui fait peur. Surtout de ce regard. Comme si elles partageaient une blague sur le sujet. Comme si elle n’avait jamais été nerveuse à l’idée de passer la journée avec Joey. C’est libérateur.


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 Âge du personnage : 30 ans, l'âge de tous les doutes.
Mer 17 Fév - 17:16  
 

(and after the storm, i run and run as the rains come and i look up, i look up on my knees and out of luck, i look up.) Je maudis Spencer de ne pas être là. Je la maudis elle et son travail, sans parler de son excuse toute prête qui résonne encore dans ma tête. « Le travail avant tout. » Une réponse déjà faite, une lame enfoncée dans le cœur me rappelant que cette excuse était la mienne. Je faisais du travail ma vie. Une occupation à temps plein qui ne me laissais le temps pour rien d'autre. Ma vie sociale en pâtissait chaque jour et la solitude avait fini par me peser. J'avançais malgré tout, me levant chaque matin dans ce grand lit froid, seule. J'arrivais au bureau plus tôt que les autres, un café à la main, un sourire cachant mon mal être, de la détermination dans le regard. Le travail c'est tout ce qu'il me reste. Et devant moi j'avais une professionnelle qui n'arrivait pas à faire le sien. Elle trébuchait, butait sur les mots, ne savaient plus bien comment réagir. Une erreur est vite arrivée. Sa piètre excuse ne rime à rien, un souffle à peine audible. Une déception de plus pour Joey qui voit cette femme telle qu'elle est : une imposture. Tout n'est qu'apparence chez elle. A côté, Mackenzie ne réprime pas son rire, m'agaçant à nouveau , me rendant irritable. Soupirant, je replace mon sac sur mon épaule en un geste purement automatique, comme si le temps allait s'écouler plus vite. Et voilà que Jennifer se confond encore en excuses, reprenant la main, essayant de se tenir droite à nouveau, de paraître bien. Le contrôle elle l'a déjà perdu. « Suivez-moi, la salle de réception est à l'étage. » Elle sourit, hypocrite, essayant de balayer l'erreur. Je la suis, docilement, la jugeant toujours du regard, bien décidée à ne pas lâcher le morceau. Mackenzie reprend le cours normale de notre discussion, me permettant d'ignorer un peu plus Jennifer et de la faire sortir de notre espace vitale. Elle n'est pas la bienvenue entre nous. J'ai envie de sourire alors que Mack se lance dans un monologue détestable. Je grimace sans en avoir l'air, je soupire. « Nous sommes au moins d'accord sur le printemps. » Ma période préféré, avec l'été bien sûr. Mais le printemps me semblais idéal pour tenir une cérémonie en plein air. Du romantisme dégoulinant dont elle n'était pas friande mais qui faisait malgré tout battre son cœur.

Elles entamaient l’ascension des escaliers de marbre, Jennifer ayant insisté pour les emprunter afin que l'on puisse juger de la vue. Il n'y avait rien à voir. Je préférais regarder Mackenzie imitait à la perfection Spencer, ce qui m'arracha un sourire sincère. Une complicité naissait entre nous, un petit rien qui nous rapprochait. « Ah ce regard ! Je le déteste ! » Rien ne pouvait m'effrayer chez Spencer sauf ce petit regard à la fois glaçant et amusant. « Évitons de le revoir tu veux ? » Jennifer s'était arrêté sur le palier tandis que son téléphone sonnait et qu'elle décrochait sans même s'excuser. Tout chez cette femme me rebutait. « Plus sérieusement, vous devriez considérer l'idée de faire la cérémonie en extérieur. Ce serait non seulement romantique, mais plus sympa pour tout le monde. On ne serait pas forcé d'étouffer dans une pièce ou de mourir de froid dans une église. Et pourquoi ne pas organiser le repas dehors également ? » Un brin trop entreprenante, j'avais peut-être trop imaginé cette journée pour le couple. Un secret bien gardé. Ou une envie secrète personnelle ? Je ne voulais pas me l'avouer mais me marier en extérieur m'avais pourtant fait rêver quand je n'étais qu'une petite fille. Aujourd'hui ces rêves étaient enterrés avec la fillette.

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